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December 08 2013

20:40

Pokemon Déconne

Une petite anecdote dans la rubrique parentalité.

Décembre 1988

J’ai 10 ans, et au centre commercial Rallye de Mandelieu, je passe le plus clair de mon temps devant la borne de démonstration de la Nintendo Entertainment System, où, avec une demi-douzaine de gamins en anorak nous nous relayons pour jouer à Super Mario Bros.
Mon expérience du jeu video n’était pas tout à fait vierge, j’y jouais en arcade, quand mon père allait faire son tiercé et qu’il m’emmenait au bar PMU, et je faisais une partie à 5 francs dans cette odeur rassurante de cigarette et de baguette de pain toute chaude, que les parieurs tenaient sous le bras en poinçonnant leurs cartes.

Mais la NES et Mario, c’était autre chose, c’était le futur. La borne de démonstration comptait un minuteur. Je ne me souviens plus de la durée exacte, mais au bout d’un certain moment (une ou deux minutes), l’action s’interrompait pour revenir au menu de titre. C’était très frustrant, mais un vrai challenge. Chaque centimètre de niveau que nous découvrions d’essai en essai provoquait un délire. Le meilleur du groupe que nous formions traçait comme un malade le long du premier niveau, oubliait les briques, épargnait les champis, traçait, traçait, traçait, pour qu’au bout des 60 secondes fatidiques nous puissions découvrir un bloc de terrain inédit.
J’ai toujours été déchiré entre les deux générations qui m’encadrent, les digital native, que je ne suis pas, et les digital migrants, que je ne suis pas non plus. J’aime bien imaginer les gens de ma génération comme les digital colons, comme ces hollandais qui partageaient la dinde dans une Amérique encore hostile mais qu’ils n’avaient pas vraiment contribué à découvrir.
Et le symbole pour moi de cette colonisation, ce sont ces bouts de terrains vierge que nous découvrions essai après essai dans super mario bros, comme les gars qui devaient découvrir, progressivement, à coups de machettes, les paysages de l’Amérique.

Si je n’ai pas construit ces territoires, j’ai toujours eu la chance de les connaitre à peu près vierges. La matérialisation la plus aboutie de cette métaphore a été Second Life, et ses immenses contrées de pixels inconstruites, mais ce n’est pas l’époque pour en parler.
Bref, on découvrait Mario Bros et il y avait vraiment de quoi péter un câble. Je m’étais juré que lorsque je serais adulte et que j’aurais un métier, genre à 25 ans,  j’utiliserais mon premier salaire pour m’acheter une NES. Nous n’avions aucune idée de l’obsolescence à venir d’une console aussi chouette. Elle était tellement chouette qu’on aurait presque pensé que la science des jeux videos pouvait s’arrêter là.
Oui je me l’étais promis : à 25 ans je m’achèterais la NES et j’y jouerais à m’en crever les yeux, et je franchirais triomphalement avec Mario tous ces territoires mystérieux qui me deviendraient familiers.

De nos jours

Ma fille aînée a sept ans. J’essaie de suivre un peu ses délires, d’assurer pour tout ce qui concerne ses petites passions, qu’elle se sente suivie, encouragée, et que je sois juste considéré comme le papa le plus cool de l’école. Grâce à Youtube, j’ai appris pour elle à faire des tresses et concurrencer gravement ma femme dans ce domaine, des scoubidous et plein d’autres trucs que j’ai failli poursuivre après que ma fille elle-même s’y soit désintéressée.

Mais je n’avais jamais vraiment EXAGERE – jamais franchi ce degré de zèle où l’intérêt devient nocif ou envahissant.
Jusqu’à la déconne pokemon.

Un jour ma fille est revenue avec 4 ou 5 cartes pokemon, qu’elle avait réussi à obtenir d’une copine. Elle était toute contente de ces quatre cartes, et mentionnait des noms de pokemons qu’elle avait hâte de remporter la prochaine fois. Personnellement je n’ai jamais connu les pokemon si ce n’est de loin, je suis trop vieux d’une dizaine d’années au moins pour avoir connu la mode à l’époque. Je connaissais un peu le dessin animé surement, 3 ou 4 pokemons du dessin animé, mon avis était neutre sur les pokemon. Je n’avais pas d’avis sur les pokemon.

J’ai regardé la carte et, à la différence des cartes paninis de mon époque, les inscriptions étaient techniques – un score au coin supérieur droit, des mentions d’évolution, des légendes d’attaques avec une sorte de barème, c’était intriguant.
- Mais comment vous jouez à ça ?
- Oh, on fait juste une bataille, celui qui a le plus grand score dans le coin là, il gagne l’autre carte.
- Mais “PV”, c’est point de vie, c’est pas des points pour attaquer, ça.
- Si, c’est comme ça qu’on fait.
- Et les attaques qu’il y a marqué en-dessous ? Les points de retraite et de résistance en bas, là ?
- On s’en sert pas, ça sert à rien.

Je suis du genre assez rigoureux pour les règles et ses explications me laissèrent furibard. Le soir même, les gamins couchés, j’ai regardé sur internet pour connaitre les règles exactes du truc. D’apparence c’était pas simple sur les tutoriaux youtube, surtout expliqués par des kids de dix ans, qui disaient “voilà” cinq fois par phrase. Et puis un site disait qu’il existait un jeu gratuit pour voir les cartes et les règles, “Pokemon Trading Card Game Online”. Je l’ai installé sur mon ordi à 21h. A 2h du matin je me suis couché après avoir assimilé les règles et gagné un tournoi régional contre l’ordinateur, douze adversaires pulvérisés en mode facile.

Le lendemain matin, j’aurais pu sonner le clairon tellement j’étais heureux de connaitre la vérité sur les vraies règles du jeu de carte Pokemon. Ma fille levée, je lui ai expliqué qu’elles n’y étaient pas, elles et ses copines, que ce jeu de bataille était complètement à côté de la plaque, qu’il fallait un deck, un tapis, des pièces, des énergies bien précises.

Pour l’aider à intégrer la vraie communauté pokemon de son école – je me doutais qu’il y en existait une, qui regardait les batailleurs avec mépris, et qui dans l’avenir allaient par conséquent l’exclure de toutes les soirées cools –  je lui ai acheté deux jours plus tard un deck pokemon, une quarantaine de cartes. Et un pour moi, parce qu’il fallait bien qu’elle s’entraine contre un être humain, non ?
Le deck était hyperpuissant, avec des pokemons molosses et tout, mais il n’y a avait pas les deux cartes qu’elle aimait bien, et qu’elle voulait juste collectionner.

J’ai quand même appris les règles à ma fille qui est revenue le soir même avec 5 cartes gagnées…en jeu de bataille. Elle n’y était pas. Elle cherchait à obtenir et échanger des pokemons roses et sympas, sans aucun intérêt en attaque ou dans le cadre des vraies règles du jeu. JUSTE POUR L’IMAGE. Je devenais fou.

Ivre de parties virtuelles, il m’a fallu 24 heures pour me mettre au courant de l’univers des cartes pokemon, des derniers decks qu’il fallait avoir, des évolutions les plus puissantes, du nom du dernier champion de Lozère. Je suis même repassé au magasins de jouets pour examiner de nouveaux decks rutilants qui auraient été bien pratiques pour compléter l’arsenal de ma fille (qu’elle ne faisait toujours pas à l’école, qu’elle n’avait jamais demandé de faire, qui ne l’intéressaient pas). Je ne sais pas quels ingénieurs pervers travaillent pour concevoir les emballages de ces decks, mais ils sont d’une attractivité extraordinaire, luisants, dans une forme parallépipédique anguleuse qui n’appelle qu’à l’achat, à l’ouverture, à la victoire.

Cette montée de glucose très rapide a trouvé son apogée le 3e jour quand, fier comme si j’avais sauvé une famille entière d’un naufrage, je suis tombé sur une enchère de 260 cartes mises en vente  à 10€ sur ebay, par un gamin devenu surement trop mûr pour y jouer encore. Deux cent soixante. Le bouton d’achat immédiat secouait ses boobs sous mes yeux.
Toutes les cartes que ma fille cherchait à acquérir s’y trouvaient. Ses envies seraient comblées d’une traite en un ras de marée de cartonaille, j’en profiterais pour disposer de l’arsenal le plus pur de mon quartier, au cas où d’autres pères à l’école, au coin d’un couloir, se mettraient dans l’idée de me défier au jeu de carte pokemon.

Et puis juste avant de valider l’achat, la raison m’est revenue. Je me suis souvenu à quel point tout ce qui avait pu me rendre un petit peu intéressant, dans ma vie de petit homme, et même après, venait de mon rapport à ce que je ne pouvais pas obtenir, du futile au moins futile. Et de manière globale, à quel point nous nous définissons non seulement par ce que nous possédons, mais par notre comportement face à ce que nous ne possédons pas.

Rien ne m’aurait été plus frustrant, en 1988, qu’une bonne fée à mon retour de Rallye Mandelieu vienne m’offrir la NES pour jouer à Mario tout mon saoul. Rien ne m’aurait été plus frustrant que de découvrir d’une traite, sans la limite du chrono, les paysages de l’univers de Mario, seul, sans vraiment l’avoir cherché.
Si la fascination des territoires 8-bits inconquis de Mario n’avaient pas nourri mon imaginaire pendant des nuits, je serais sûrement devenu un autre petit garçon, et par effet papillon un autre homme.

Je n’ai pas acheté les cartes aux enchères. Et surtout, la prochaine fois, je veillerai bien à fermer ma gueule. Laisser ma fille mener ses batailles tranquillou avec ses copines, et brandir avec fierté les pokemons roses qu’elle gagnera d’elle même (même si c’est illogique – prendre le risque de perdre un Blindépique à la bataille pour attraper une Ceriflor, ça me rend encore un petit peu dingue).

Dans l’absolu, ma fille n’avait rien demandé. Mais tout est bien qui finit bien, car j’ai trouvé l’extrême sagesse de ne pas céder à cette non-demande. Ca doit être ça, mûrir.

Tags: perso

December 04 2013

17:27

Amazon Prime Air

Un petit conte de Noël écrit sous corticoïdes.
La lecture de cette news en préalable est un plus.

______________________

Ils ne frappaient plus à la porte, ils tambourinaient.
- Garcia ! Ouvre, allez quoi, ils vont bientôt arriver !
- Laissez-moi tranquille bordel ! criai-je à travers l’appartement. C’est fini, c’était une fois, c’est fini là. Stop. Rentrez chez vous, allez à l’école, je sais pas, merde.
- C’est les vacances !

Je me raclai la gorge après avoir crié, comme si la résonance de ma voix y avait brisé une mini croûte de sel dégueulasse. Je tentai de me rappeler à quand remontait la dernière fois où j’avais crié. A la victoire des Giants au Superbowl, en 2011 ? Il y a déjà 6 ans ?

Les coups à la porte se multiplièrent.
- Garcia vieux shnock ! Allez quoi !
- Je vais tirer à travers la porte si ça continue.

La phrase fit son petit effet pendant une trentaine de secondes, le temps d’enfiler mes mocassins. Puis les coups reprirent.
- Ils vont me la défoncer.

Depuis le jour où j’avais eu la mauvaise idée de leur montrer le truc, ces gamins avaient pris une place complètement déraisonnable dans mon quotidien. M’obligeant à faire des choses que j’avais soit désapprises en dix-sept ans de veuvage, soit jamais apprises – comme par exemple, parler à des gamins. Je ne savais pas tellement comment leur parler. Même parler tout court était une chose que j’avais progressivement oubliée. Ca m’allait.

Même jeune je savais à peu de choses près qu’à 70 ans je ne parlerais plus beaucoup. J’étais déjà dans l’économie de mots. Et pourtant je fréquentais des gens à l’époque, même en dehors de l’armée.

- Garcia ! C’est Hector ! cria le gamin.
- Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ton prénom ?
- J’habite en-dessous !
- Content pour toi !
- Garcia, ils arrivent dans deux minutes, allez !
- Je m’en fous.
- C’est Noël dans 3 jours, merde !
- L’année dernière j’ai eu que dalle pour Noel ! Des chaussettes toutes pourries avec les Simpson ! ajouta un petit.

Rires derrière la porte.

- Allez quoi, il va y en avoir plein, reprit Hector.

Mon silence donnait le début de mon approbation. J’ai jeté un coup d’oeil au miroir de la salle de bain, un vieux barbu et maigre comme une trique.
La porte subit une nouvelle salve de coups de paumes, tout l’appartement tremblait.

- C’est bon, c’est bon, ok. Mais je ne sais pas si je vais réussir. Allez, descendez, magnez-vous.

J’entendis les gamins pousser des hourras, se claquer dans les mains et déguerpir du couloir pour s’engouffrer vers le rez de chaussée en survolant les escaliers. Je ne me souvenais pas non plus de la dernière fois ou plusieurs personne m’avaient acclamé en même temps.

Je me suis penché avec difficulté sous mon lit et j’ai pris la mallette pour l’ouvrir. J’ai sorti les pièces du XM21 et me suis mis à assembler l’engin. Cette fois les cris des gamins étaient dans la rue. Ils m’appelaient.

- Dépêche-toi Garcia, ils vont arriver !
- J’arrive, j’arrive, bande de sales merdeux.

J’ai inséré le chargeur de 20 cartouches, et mis mes lunettes de vue, pour enfin apparaître à la fenêtre comme le pape, sous les acclamations des gosses dans la ruelle dégueulasse.

- Coucou mes petits lutins, c’est Papa Noël !

J’ai enfilé un anorak, puis j’ai installé mon petit coussin pour m’agenouiller dessus, posé le canon du fusil sur le rebord de la fenêtre et sécurisé mon épaulé. Le réglage de la lunette me rappelait à quel point mes yeux étaient resté intacts. Pas un brin de vent dans New York, miraculeux en plein Décembre.

On les entendit arriver. Un bourdonnement lointain. Depuis l’Est.
- C’est la première livraison de 9h30 ! cria un petit.
- Y’en a plein, Garcia ! au moins une cinquantaine ! enchérit Hector.

J’ai dirigé la lunette vers l’horizon pour apercevoir la nuée de drônes.
- Y’en a bien plus que ça les gars, criai-je par la fenêtre. Y’en a presque cent. Etalés sur cinq cent mètres. On dirait qu’ils font la course.

La carrosserie noire des drones, portant sous leurs pinces les colis en plastique jaune, leur donnaient l’apparence de sales guêpes. Ils avaient des gueules de méchants robots qu’il fallait éradiquer. Je me mis à m’imaginer rappelé au service à 70 ans, en raison de mes exploits passés en opérations, pour lutter contre des putains de guêpes aliens.

Il ne fallait pas que je les abatte trop tôt, sinon ils tomberaient du côté du block d’Edmonton, l’affront suprême pour mes petits blacks de Furney. J’ai calé dans mon viseur le premier de la course. Les paquets étaient tous identiques et de même taille, c’était un peu la loterie.
- Garcia, il va falloir que tu …
- Chut ! il doit se concentrer. Il a 30 secondes pour nous en ramener un max. La ferme.

Quand le premier drone a dépassé la tour AT&T, j’ai commencé à tirer. Les 4 premiers coups ne donnèrent rien, deux balles traversèrent une fenêtre de l’immeuble – on s’en branle. Puis je fis mouche.

La 5e balle explosa deux hélices latérales du premier drone, il tomba en flèche dans la rue sous les cris des gamins, dont une partie du groupe se mit à tracer comme une meute de bassets anglais en direction du tas de ferraille pulvérisé au sol.

Puis j’alignai les tirs. Un deuxième et un troisième drone se fracassèrent l’un dans l’autre et tombèrent enlacés dans un grincement de dentiste, l’hélice du premier fraisant le cul du deuxième.

Les vingt secondes qui suivirent furent les plus importantes. Sous les cris incessants des gamins et le bruit des hélices, dans le vrombrissement de la horde allant crescendo, j’abattis cinq autres appareils. Les opérateurs des drones venaient de comprendre l’embuscade et tentèrent de zizager à travers la ligne d’immeuble, mais y’avait pas meilleur moyen pour m’exciter.

Leur camera ne me voyait pas, certains se mirent à longer ma crète pour survivre, j’aurais pu en buter à la crosse quand le nuage de drones passa dans un vacarme assourdissant devant moi. Derrière leur sillage désespéré, je pus encore planter 5 balles dans leur cul en ferraille. Un des drones s’abattit sur le toit d’une camionnette de fleuriste qui pila en crissant de toutes ses forces.

- Quatorze ! criai-je à la rue. Il n’y avait plus aucun gamin en bas. Ils étaient déjà en train de courir comme des dératés vers les cadavres fumant des drones.

J’ai posé mon fusil contre le mur et sorti ma pipe électronique en matant à la lunette les gamins ouvrir leurs cadeaux. Certains poussaient des cris de déception en tombant sur des chaussettes ou des foulards en soie. D’autres brandissaient fièrement des jouets ou des tablettes.

Je vis Hector se rediriger vers l’immeuble, portant triomphalement deux caissons jaunes, je ne savais pas ce qu’il y avait dedans, mais des rubans dépassaient en tout cas.

- Hé Hector !
- Vous avez été trop fort Garcia ! Tous les matins faut le faire !
- Nan, nan, ils vont m’envoyer en taule si ça continue. Joyeux Noël.
- Merci !
- Et si tu trouves dans des trucs une bouteille de whisky et qu’elle a survécu, je la veux bien. J’ai très envie de boire un coup.

 

Tags: histoire

June 26 2013

18:26

Le loisir français

Depuis le début du mois de Juin j’ai entamé une série pour Slate.fr intitulée “Le Loisir français”, dans lequel je détaille semaine après semaine les loisirs les plus éloquents de notre beau pays, en complète roue libre.
Vous pouvez lire ça ici

J’y prend beaucoup de plaisir, en tout cas un plaisir à écrire que je n’avais pas trouvé aussi intense depuis l’époque de Bienbienbien. Enjoy.

Tags: lien

May 27 2013

18:03

Cannes Cocktail

J’ai eu le grand bonheur d’écrire et présenter pendant le Festival “Cannes Cocktail”, un programme court pour Arte.tv, accompagné et produit par mon wingman Bertrand Degove (@delgoff) et assisté de Clément Andréoli (@klem) en docteur en vannes et meilleur passeur de lol de la terre.

Pour voir les épisodes, la petite playlist Youtube qui va bien, et le générique qui va bien aussi.

Tags: humour tv video

May 03 2013

23:50

Zanouk

Le petit malaisien se mit à sourire, et plongea la main dans sa veste Ermenegildo Zegna pour en sortir un joint de la taille d’un radis noir.

- Zanouk, putain, murmura Jean-Claude.
- Quoi ? T’as un briquet ?
Guéron se pencha sur son bureau Louis XV et chuchota :
- On est à l’Elysée, Zanouk. On n’est plus à l’ENA, là. Tu peux pas allumer un joint comme ça.
- T’es devenu con, ma parole.

Pendant que Zanouk allumait le bédo, Guéron se recula pour observer son bureau.

- Je sais même pas s’il y a des micros ou des mini caméras ici. Ca me paraitrait dingue qu’il y en n’ait pas à l’Elysée. Ca fait quinze mois que je suis là et je suis encore parano.
- Parano de quoi ?
- Ben je sais pas, qu’il y ait des micros, que des gens m’écoutent tout le temps. J’ai pas grand chose à cacher mais ça me stresse. Comme si il y avait une surElysée à l’Elysée, avec un surPrésident et une autre équipe qui nous observeraient en permanence.

Zanouk cracha sa fumée en observant le lustre. Il n’avait pas pris la moindre ride depuis l’ENA, il y a 40 ans – Guéron se demanda si cela était propre aux malaisiens où si c’était une injustice liée à la vie, au fait que Zanouk n’avait jamais manqué de rien, avait toujours été riche et que Jean-Claude avait trimé pour en arriver là.
Zanouk lui tendit le joint.
- Fais gaffe au bureau, maugréa Guéron en saisissant le joint. Je n’ai pas fumé depuis dix piges.
Cela revenait vite. Guéron souffla une longue taffe et fit mine de ventiler l’air de sa main, comme si l’odeur d’herbe allait disparaitre sous le simple battement de ses doigts frêles. 

Le silence régna dans le bureau feutré pendant de longues minutes, Zanouk et Guéron savourant à nouveau le plaisir de cette amitié silencieuse qu’ils étaient devenus maîtres à développer pendant leurs années d’études. Une paix binôme, une confiance se passant de ces mots que Guéron détestait tant. Ces mots et ces pleurnicheries qui envahissaient son activité professionnelle au quotidien, dans la presse, dans les couloirs de l’Elysée, dans la rue. Paradoxal pour un porte-parole d’aimer tant le silence.

Au bout d’un moment Zanouk brisa le silence.

- Jicé, tu as toujours tes deux Van Eertvelt ?
- Les marines ? Bien sûr.
- Je veux te les acheter. Je veux faire un cadeau à une fiancée. Je veux te les acheter.
- Ils ne sont pas à vendre.
- Je ne vais pas te faire le coup de “tout est à vendre”.
- Non, je t’en remercie.
- Mais tout est à vendre.
- Pas ces deux marines. C’est peut être les deux seuls tableau de ma collection qui ne sont pas des croutes.
- J’y mettrai le prix.
- Non mais je…Guéron fit une pause et fixa le lustre à son tour. Il est fort ton pétard.

Zanouk éclata de rire, peut-être même un peu trop fort. Le président allait arriver au Palais dans 10 minutes, retour de visite en Province. Depuis le début de cette conversation Guéron avait déjà répondu à 7 de ses SMS. Il se pinça l’arête du nez en inspirant fort la dernière taffe.

Les yeux de Zanouk brillaient.
- 500 milles.
- Pardon ?
- 500 000 euro, bam. On n’en parle plus.
- T’es cinglé, ils en valent pas le tiers.
- Oui mais j’en ai besoin. BESOIN. Si tu ne veux pas le faire par amitié, fais le pour la symbolique ! La Malaisie a été occupée par la hollande, c’est une belle revanche, un beau retour des choses. Je veux les offrir à ma fiancée. La belge.
- T’es pas avocat pour rien. Va te faire foutre, t’es bête, allez, je dois te laisser.

Guéron se leva mais Zanouk l’attrapa par le cou pour lui frotter de toutes ses forces le cuir chevelu de son poing.
- Mais qu’est-ce que tu fous Zanouk !
Zanouk riait comme un petit diable. Guéron essayait de se débattre mais, agile et noueux, Zanouk en un basculement de hanche déséquilibra Guéron qui s’écroula sur la moquette de son cabinet.
- Zanouk, putain ! Mais quel gamin !
Zanouk fit une clé de cou à Guéron qui le précipita contre une commode Louis XVI. Le vieux malaisien échappa aussitôt aux mains de Guéron et le renversa à nouveau par terre. Guéron heurta le sol du nez et se plia en deux de douleur.

La porte s’ouvrit soudainement et un garde républicain, arme à la main, déboula sur Zanouk. Guéron, nez en sang, échevelé et chemise défaite, intima au garde de s’arrêter.
- Laissez, c’est une chamaillerie… Tout va bien… C’est un vieil ami.
Zanouk éclata de rire en regardant avec défiance le canon de l’arme. Il avait l’insolence des gens riches.
- Laissez-moi mettre une branlée à votre patron.
- Techniquement je suis pas son patron Zanouk. C’est un garde républicain.

La température monta d’un cran quand le Président de la République apparut derrière le garde.
- Il se passe quoi, ici ?demanda-t-il avec un mince sourire.
Le garde referma la porte derrière eux. Guéron se releva en se rembraillant.

- Monsieur le président, Zanouk Batan, un ancien camarade de l’ENA.
Guéron se rendit compte que sa main droite pensait toujours tenir un joint. Il décontracta ses doigts en baissant le regard.
- On allait s’enculer, monsieur le président ! dit Zanouk en un clin d’oeil.
Guéron s’étouffa.

- Il a de l’humour, votre ami, dit le président en hochant l’épaule.
- Oui. Par chance je ne le croise que tous les dix ans.
Guéron se croyait enfin sorti d’affaire en indiquant le chemin de la porte à Zanouk d’un geste de la main. Mais le petit malaisien, alors au pas de la porte, courut comme un chat et bondit sur le thorax de Guéron qui s’écroula sur son bureau en criant, renversant sur son passage stylos, presse papiers, dossiers et ordinateurs.
- Non mais ça va pas bien, dit le président…
- ZANOUK ! Mais arrête putain ! On fait pas ça devant le président ! Sale gamin ! T’as 65 ans !
Zanouk se chargea encore de frotter le cuir chevelu de Guéton en riant comme un forcené, prenant le président à témoin de sa suprématie physique sur le vieil énarque.
- Monsieur le président, il faut le convaincre de me vendre ses tableaux !!
- JAMAIS ! cria Guéron.

Zanouk défit la ceinture de Guéron et lui baissa jusqu’aux chevilles, ses balloches apparurent et Guéron se rhabilla en jurant.
- Zanouk, barre-toi maintenant, j’ai du travail avec le président et tu me fais chier, je te jure que j’appelle un garde répu pour te coller une balle dans la t…
Zanouk s’inclina et envoya un coup de mocassin en plein visage de Guéron, qui s’écroula à nouveau sur son bureau. Puis le malaisien, en prenant soin de ne pas plus froisser son costume, monta sur la table pour s’asseoir à cheval entre les omoplates du porte-parole de l’Elysée. Le président riait.
- Ben battez-vous un peu, Guéron…
- Monsieur le président, c’est un minus, il est très agile.

Zanouk  se saisit de l’oreille de Guéron et la tourna comme s’il démarrait une Harley. Guéron hurla. Zanouk se pencha vers l’oreille et insista :
- Vends moi tes deux putains de marines ou je te dépèce à l’ouvre-lettres.
- NON !
- 500.000 euro. En cash si tu veux.
- En cash ? Tu es fou ! Si ça se découvre j’aurai toute les peines du monde à justifier 500.000 pour ces deux croutes !
- File-moi ton rib de plouc alors, et file-moi tes deux tableaux.
- Non !

Zanouk tourna l’oreille de 20 degrés supplémentaires. Guéron hurla de plus belle.
Le président s’impatientait en envoyant des textos.

- Bon Guéron, votre ami est formidable, mais décidez-vous là. On a du boulot.
- T’entends le président ? dit Zanouk.  Vous avez du boulot ! Redresser la France tout ça ! Vends-moi tes tableaux !
- Non !
- Tu vas me les vendre tes deux croutes.
- Non !

Zanouk tourna encore l’oreille, la rotation devenait vraiment inhumaine.
- Alors, tu me les vends ?

Tags: histoire

February 04 2013

20:04
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Dubai - metro
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19:42
Dubai - Burj Khalifa by night
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19:42
Dubai - Burj Khalifa by night
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Dubai - Burj Khalifa
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Dubai - metro heading to Emirates Towers
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Dubai - metro heading to Emirates Towers
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